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Chronique d'un mouvement

CHRONIQUE D’ UN MOUVEMENT ANIME : LE FUSIONNISME



LE MOUVEMENT




Le mouvement est né en atelier dans les années 90 à Fontainebleau, mu par la recherche de nouveaux axes de travail où la mixité des styles et des techniques est au premier plan.
C’est une toile de l’artiste fondateur Patman intitulée « Fusion », exécutée en 1994, qui donnera son nom au mouvement. Cette œuvre majeure du mouvement surgit comme un cri de douleur où se fondent, dans une symphonie de bleus profonds issus du mariage de l’encre et l’acrylique, les éléments, les cultures, l’imaginaire, l’homme, qui s’acheminent, visionnaires, vers l’inconnu, l’insondable.
A l’égal d’un accouchement, les rythmes et la souffrance sont intenses et la fusion s’achève en un geyser de feu, d’eau, de lumière et, craché dans les flammes du dragon, l’être humain, renaissant de ses cendres : l’artiste lui-même peut-être.
« Premiers cris, premiers pas, dans ce nouveau monde fusionné d’encre et d’acrylique (Patman) ».Le Fusionnisme est né ! (cf annexes)

A l’origine de cette démarche, on trouve la rencontre avec la calligraphie .Les outils utilisés tels que calames, plumes, bambous, sont en osmose avec le geste et la posture, n’étant plus ainsi instruments mais partie intégrante du corps : c’est la résonance entre l’artiste et l’œuvre.
La découverte d’une grande liberté d’exécution dans la pratique de cette nouvelle approche de la peinture marque les premiers pas du mouvement où les outils sont remplacés principalement par les couteaux .L’artiste parle alors de distanciation
entre l’œuvre et son créateur.
C’est la recherche intérieure, la méditation, mais aussi la quête d’une dimension de sérénité et d’une nouvelle identité artistique qui jetteront les bases philosophiques du mouvement. Runge, au 19ème siècle ne faisait-il pas allusion au besoin de mettre à jour l’intériorité, d’emprunter les voies paradoxalement obscures et lumineuses qui conduisent des profondeurs de l’être à son conscient.
Face à une frustration devant des travaux trop standards, trop basiques, l’artiste étouffé par cette exiguïté, ne se reconnaissant dans nul autre courant répond par la création de cette voie novatrice qui s’écarte des références dont il s’est inspiré jusque là. Il aspire à être tout à la fois en marge du figuratif et de l’abstrait sans jamais se laisser glisser vers l’un ou l’autre, restant ainsi sans cesse sur le fil du rasoir.
La volonté de se démarquer, de poser en toute humilité une pierre dans l’édifice de l’art, de personnaliser un travail trace le chemin du mouvement où pour l’artiste la peinture est un engagement sacré, un don de soi-même, le renoncement à l’individualité face à l’infini naturel, le sens de toute une vie.
Ainsi le Fusionnisme, démarche spirituelle, art de vivre, quête permanente du soi, confère un nouveau regard sur l’art guidé par une approche à la fois mystique et réaliste, où le métissage des cultures prend toute sa dimension. La fusion n’a aucune frontière, ni artistique, ni culturelle, ni philosophique : elle est entière et totale et évolue sans cesse dans le temps. Le Fusionnisme permet de revisiter des styles, des techniques, des cultures que l’artiste peut en toute liberté façonner sans limites.
Le mouvement s’enrichit ainsi des inspirations de chacun : calligraphie, Expressionnisme, Symbolisme, Abstrait, Figuratif, ou encore Surréalisme, ce qui détermine avant son émergence, un classement arbitraire de ses œuvres lors des salons dans l’un ou l’autre de ces courants, d’où la nécessité irrépressible ressentie par Patman d’affirmer son style de création par son propre mouvement. Et l’on retrouve dans le parcours de chacun les grands maîtres qui les ont propulsés dans l’art : Dali, Kandinsky, Picasso, Van Gogh, Claudel, Turner, Miro, Friedrich, Odilon Redon, Rodin, Le Caravage, Pollock et bien d’autres encore.
Malgré ces grandes références, sources inépuisables, le mouvement affiche une volonté de marginalisation, perçue dans tout son argumentaire, qui peut être interprétée comme un désir farouche de rupture totale avec les courants existants. Cependant, qui parle de rupture totale ne peut s’empêcher de penser négation des valeurs, vide.
Or c’est dans la démarche intellectuelle et dans le nom même que porte le mouvement qu’il faut chercher la notion de rupture, et non dans la démarche artistique où tout vise à un changement radical tissé sur fond d’une continuité à laquelle nul n’échappe : le travail s’appuie sur le vécu, la connaissance, les acquis. En résumé on peut dire paradoxalement qu’il y a rupture sur la forme et continuité sur le fond.
C’est la mixité des courants, des styles, des techniques : la Fusion.
Mais on ne peut traiter de ce mouvement sans s’attacher aux thèmes abordés dans les œuvres fusionnistes.
Ils reprennent les questions fondamentales de la vie, les rapports des hommes entre eux, des hommes avec la nature, et recèlent une consonance spirituelle, mystique, un écho de la foi au sens large du terme. On y retrouve les éléments de vie : l’eau, la terre, la lumière, l’air, mais aussi l’espace et les univers oniriques de chacun. On verra également que la femme occupe une place essentielle dans certaines de ces œuvres.
Mais leur expression n’est pas une réaction spontanée à partir d’un support visuel : tout vient de l’intérieur. L’artiste ressent son œuvre, ne la « fabrique » pas. Il exécute dès lors tous ses travaux en atelier.
Caspar David Friedrich, pour qui on parle d’abstraction méditative, écrivait :

« Le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu’il voit en face de lui mais aussi ce qu’il voit en lui. S’il ne voit rien en lui, qu’il cesse alors de peindre ce qu’il voit devant lui. »

Dans le Fusionnisme les œuvres sont des « instantanés » d’émotions et les sujets choisis expriment autre chose que leur aspect extérieur. Il y a l’au-delà de l’œil physique et les signes plastiques sont les clés de ces projections dans l’avenir. Le Fusionnisme aurait une mission à accomplir : ouvrir une nouvelle voie où le spectateur serait un aventurier à la découverte de mondes futuristes.
C’est aussi au travers des techniques utilisées qu’il poursuit sa route de l’imaginaire. Certaines d’entres elles sont communes aux différentes œuvres : acrylique, huile, mixte, collage, huile sur marouflage, encre…L’outil principalement utilisé est le couteau mais aussi les spalters, les pinceaux, et toute autres sortes d’accessoires pouvant être détournés de leur usage courant !
Pour la sculpture on retrouve le calcaire jurassique, le métal, la pierre de Marne, le béton cellulaire… Ensuite chaque artiste a sa « petite cuisine personnelle » qui donne à son œuvre son caractère, sa touche, sa facture.

C’est la foi dans cette démarche et la ténacité de tous qui permet au mouvement de s’imposer dans un rôle évolutif de l’artiste.
L’artiste se trouve maintenant répertorié dans un courant qui lui est propre, miroir de son univers pictural. Patman expose désormais dans tous les salons comme chef de file du Fusionnisme. Mais il ne suffit pas de donner un nom à un mouvement : sans reconnaissance, pas de vie. En 1999 il est présenté au Salon des Indépendants, creuset de tous les grands courants artistiques. En 2000 le mouvement prend de l’ampleur avec l’obtention d’une série de prix, dont le 1er prix du public au salon des peintres de Gargenville (avec Tribal Nature) qui conduit l’artiste au salon des salons de Versailles au domaine de Mme Elisabeth en 2001, qui réunit tous les 1ers prix du département, et le prix du public au salon d’Automne de Ballancourt. A dater de 2001 sa définition figure désormais sur le livre prestigieux du salon des Indépendants. C’est la consécration de toutes ces années de travail et de lutte acharnée contre les institutions.
Les rencontres diverses : artistiques, médiatiques, se multiplient et apportent leur soutien et leur confiance dans ce qui deviendra un mouvement animé : le Fusionnisme.
Les portes s’ouvrent, son avenir se profile. Le mouvement grandit, fait école et accueille entre 1999 et 2004, sous son vocable, ceux qui deviendront les fusionnistes : Fr.Benoit-Lison, H.Allègre, L’Rev.
Patman définit ainsi son mouvement :


« Fusion, dans ton monde
Où tout s’oppose,
Du figuratif à l’abstrait,
Du pinceau au couteau,
Tu finis par fusionner
Les réflexions et les techniques.
Création d’espaces, de lumière
Et de légèreté, tu nous illusionnes
Avec nos visions collectives
Vers le Fusionnisme. »


LES FUSIONNISTES


Les fusionnistes sont pour l’heure tous autodidactes. Ils ont fait école avec des artistes confirmés, ou bien fait celle de la rue comme le disent certains avec humour. La plupart d’entre eux se sont rencontrés au salon des Indépendants qui, à leurs yeux, aurait besoin d’un nouveau souffle qu’il trouvera, espèrent-ils, lors de sa réintégration au Grand Palais et rendra sa juste valeur à ce berceau culturel et artistique.
Les propos échangés sur leur démarche artistique mettent à jour des points communs indéniables qui donnent au mouvement sa cohésion, même si au premier coup d’œil il ne paraît pas toujours homogène. L’éloignement géographique n’est pas un obstacle : chacun sait de l’autre que dans son parcours subsistent les grands axes du Fusionnisme.
Cependant, le mouvement n’en est qu’à ses balbutiements et l’organisation de collectifs plus fréquents lui donnerait du poids et atténuerait les difficultés qu’il a parfois à s’imposer au regard du spectateur comme à celui de l’organisateur, tous deux en recul face à la nouveauté.
Mais pour l’œil avisé, les influences du mouvement se font d’ores et déjà sentir, beaucoup de questions se posent sur le travail des fusionnistes et certains artistes sans l’avouer vraiment leur emboîtent le pas et rallieront peut-être leurs rangs : à suivre… Et à l’artiste fondateur le choix du moment de la rencontre !
Tous sont animés de la même passion, du même élan, sans qu’aucun d’entre eux ne trahisse un seul instant la définition du mouvement.
On assistera sans doute, dans leurs travaux, à une évolution vers des lignes plus épurées, un style plus évocateur.


PATMAN
 
Peintre et sculpteur autodidacte, d’origine italienne, né à Antony en 1963.
Il participe à de nombreux salons et expositions de groupe depuis 1985 où ses œuvres sont régulièrement primées : salon des Indépendants, Who’s who in international Art, Salon d’automne de Ballancourt, salons des salons des Yvelines,
salon des peintres de Gargenville…
En 1999, il présente son propre mouvement : le Fusionnisme.
Il est sociétaire des Artistes Indépendants et inscrit à la Maison des Artistes.
Son travail se fait essentiellement en atelier. Il utilise diverses techniques : acrylique, pastel sec, travaux sur écorce de chêne-liège.
Pour ses sculptures, il utilise la pierre de Marne (calcite).
Ses références artistiques : Dali, Van Gogh, Kandinsky, Matisse, Camille Claudel, Turner, Miro, Renoir.
Il figure au dictionnaire Drouot de la cotation des artistes modernes contemporains.
Galerie permanente à Belle-Isle-en-mer où il est à l’initiative de la route des peintres figurant sur le guide touristique de l’île.
Galerie Thuillier à Paris.
Galerie de l’impasse à Lyon.
François BENOIT-LISON

Peintre et sculpteur autodidacte, né à Granville en avril 1968. Sa mère artiste peintre figuratif lui ouvre ce qui va devenir sa voie. Il acquiert la maîtrise du dessin, de l’encre et de la calligraphie pour se tourner par la suite vers la sculpture qui lui permet d’exprimer ce figuratif dans les trois dimensions.
De 1988 à 1996 il alterne successivement expositions de sculptures d’abord, de peintures ensuite. De 1994 à ce jour, ses rencontres avec des artistes tels que Papyo, Giger ou encore Archiguille émaillent l’évolution de ses travaux et sa démarche artistique le conduit vers l’intégration de plusieurs techniques, mêlant figuratif et abstrait sur une même toile. C’est sur la base de ces réalisations qu’il rencontre Patman, et trouve dans son mouvement l’écho de son propre travail. C’est ainsi qu’il se reconnaît dans le Fusionnisme.
Il est sociétaire des Artistes Indépendants.
Il utilise dans ses travaux l’huile sur marouflage, l’acrylique et pour la sculpture : acier (fers tors), béton cellulaire…
Ses références artistiques : Odilon Redon, Le Caravage, J.Bosch, J.Pollock, H.R.Giger, F.Archiguille, Rodin, E.Schiele, Y.Klein.
Salon des Indépendants de 2000 à 2003.
Galerie d’art Agora à Soho, New York.
Haut Commissariat aux réfugiés à Genève- Marché d’art contemporain à Lausanne. Galerie du Rhône à Genève.
Blok Gallery à St Petersbourg, avec la galerie Artitude-Paris.
Salon MCart , Monte Carlo-FNCF/European Art Group- Roquebrune.


Hervé ALLEGRE

Sculpteur sur pierre autodidacte, né à Grasse en 1955. Après des études à Grasse et un parcours professionnel riche et varié, il se consacre à la restauration d’une demeure pierre par pierre durant 15 ans. C’est ce choix de vie qui le conduit à la sculpture. A partir de 1995, il exerce le métier de tailleur de pierres. En 1998 il s’inscrit à la Maison des Artistes en qualité de sculpteur sur pierre. Il fait alors l’objet d’un reportage sur Fr3 et de nombreux articles dans la presse écrite.
De 1998 à ce jour, il expose dans divers salons et expositions. C’est au Salon des Indépendants, tout comme Fr.Benoit-Lison, qu’il rencontre Patman , dont il apprécie le travail et reconnaît dans son mouvement une démarche artistique proche de la sienne où l’aspect commercial de l’art disparaît totalement devant la passion qui l’anime.
Il utilise pour ses sculptures une pierre particulière : un calcaire jurassique, découvert non loin de sa propriété, d’une dureté exceptionnelle et aux veines de couleurs surprenantes. Jusqu’à présent, il est le seul à la travailler en raison de la difficulté extrême à aboutir une œuvre sans « casser » .Chacune d’entre elles est un défi dans ce voyage au cœur de la pierre.
Il figure au dictionnaire Drouot de la cotation des artistes modernes et contemporains.
Salons des Métiers d’Art de Poitiers, Antibes et Roquebrune- sur-Argens 1998.
Sculpture et Liberté, Roquebrune-sur- Argens de 1998 à2003.
Salon des Indépendants 2000 à2002- Exposition internationale de Cruejouls (Aveyron) 2002,2003
Galerie de Passy , Paris 2002- Exposition permanente à L’hôtel du Rhône, Genève.


L’ REV


Peintre et écrivain autodidacte, née à Paris en 1957.Elle partage son temps entre l’Ile de France et Belle-Isle-en-mer où elle travaille sur la plupart de ses créations. Elle propose un parcours atypique mêlant tour à tour peinture et écriture.
Son travail s’appuie sur l’émergence des émotions et la mémoire sensitive qu’elle garde de sa perception des éléments, des ambiances, des êtres et de la dimension spirituelle de l’univers.
En 2003, à l’issue de sa rencontre avec Patman, elle rallie les rangs du Fusionnisme qui concrétise l’idée qu’elle se fait de l’expression artistique.
Fusion dans l’œuvre elle-même, mais aussi fusion des arts entre eux pour ne faire qu’un, unique et indissociable.
Elle achève en 2004 son recueil de textes intitulé « Chemins de Phrases », à ce jour en cours de publication.
1996 à 2003, expositions annuelles dans un atelier parisien. Elle monte également l’exposition du sculpteur Maurice Labadens.
1985 à 1990, itinéraire théâtral.
Ses travaux se font en atelier et sont jusqu’à présent des huiles sur toile, pastels secs et quelques acryliques.
Ses références artistiques : Dali, Van Gogh, Monet, Camille Claudel, Turner, Della Giustina, Friedrich.



L ‘ ARTISTE FONDATEUR : PATMAN



Patman revendique son parcours et les origines de sa démarche qu’il a puisés dans sa rencontre avec la calligraphie, conséquence des liens étroits qu’il a tissés avec l’Asie pendant une dizaine d’années et du bouleversement intense ressenti face à ce choc culturel.
Il nous fait découvrir dans ses propos passionnés les points communs aux fusionnistes tant en peinture qu’en sculpture : le choix d’une palette volontairement limitée, la couleur des veines de la pierre, l’occupation de l’espace, la dynamique du travail où l’on retrouve élan ascendant et fluidité des lignes, la dimension des formats : tous planent entre figuratif et abstrait avec en arrière-plan un savoir-faire académique. Motivé par leurs démarches, la fourchette d’âge, leurs origines sociales, leurs travaux peu communs refusant toute attitude copiste, mais aussi par leur engagement, leur passion, leur foi dans les dédales de la création, Patman leur propose cohésion et symbiose en les associant au Fusionnisme donnant ainsi, du même coup, ampleur au mouvement et prémices de notoriété à ses recrues, groupe aux allures hétéroclites et contestataires en quête permanente de nouvelles voies, de nouvelles techniques menant à des sujets inédits.
Bien qu’à ses yeux, assimilable et assimilé dans les salons avant son émergence, à des courants tels que : Expressionnisme, Symbolisme, Surréaliste, Figuratif ou encore Abstrait, ce mouvement est parfaitement novateur dans la variété des styles rassemblés en parfaite harmonie dans une même toile, et Patman brûle d’offrir au spectateur, dans son œuvre, une vision multiple de l’art où les règles établies sont abolies, et la liberté de la circulation du regard dans l’œuvre atteint son paroxysme.
Ses toiles ne sont jamais figées dans le temps, elles y naviguent sans jamais s’amarrer. Elles sont en constante mutation. C’est une effervescence perpétuelle dans l’espace temps. La lumière y prend la forme d’un point et une couleur d’abstraction : le jaune pour le soleil, le blanc pour la pleine lune et le noir ou l’ultramarine pour la nouvelle lune. Sa place n’est pas le fruit du hasard mais celui d’une construction précise à partir de la composition et de l’emplacement des éclairages dans l’œuvre. C’est aussi une manière très personnelle de signer ses toiles, une sorte de certificat d’authenticité…
Pour Patman, la nuit semble être source d’émotions, et la lune objet de contemplation exceptionnel, où il va chercher d’autres dimensions.
Nietzche n’a-t-il pas traité du voyage nocturne comme un périple initiatique vers les antres méconnus et profonds de l’âme.

Patman écrit :
« …Homme de tout horizon,
Tu lèves ton front vers cette contemplation
De notre inconnu.
Passage de nos nuits,
Tu rythmes nos lumières
Au gré des saisons.
Ce soir, tu seras pleine d’émotions… »


( Extraits d’un texte de réflexion pour « Contemplation Lunaire » 60F)
La lune semble devenir le souffle du monde, la passerelle entre ciel et terre, et qui sait, le berceau des âmes défuntes.
Mais il pousse plus loin sa symbolique et ses créatures fantasmagoriques ne sont autres que des métaphores de l’être humain. Ses « parenthèses » visionnaires confèrent à ses œuvres un éclairage mystique, mystérieux où se mêlent végétal et animal aux couleurs étranges, et visent à transposer des scènes de vie actuelles dans un autre monde. « Parenthèses », réminiscences de vies antérieures ou émergences de l’avenir ?...Projections dans le futur affirme Patman.
Dans ses exigences de travail, il fixe ses réflexions dans des textes de quelques lignes qui donnent des bases figuratives et nous permettent de situer le contexte dans lequel il fait évoluer son sujet.
Dans l’œuvre peinte, chaque composition est associée à une histoire, une mélodie, une fois encore témoignage irréfutable du phénomène de fusion dans l’association peinture, écriture et musique. Les couleurs, dans ses choix de palette, sont calquées sur des sentiments donnés, à un instant et dans un environnement donnés. Elles deviennent des notes, la toile leur portée.
Le spectateur se trouve ainsi interpellé et sa curiosité exacerbée, puis il se pose et regarde la toile comme un miroir de sa propre projection dans des mondes inconnus. Les lignes conductrices sont autant de chemins par lesquels il s’évade et évolue, construisant son univers pictural autour de ce travail libéré de toutes contraintes de styles, un peu à la manière d’un jeu de pistes.

Mais ce sont aussi ses références artistiques qui ont aidé Patman à ouvrir cette voie. L’étude de la biographie et de l’œuvre de Kandinsky a suscité chez lui émotions et admiration. La quête de l’absolu, de l’abstraction et l’engagement du maître le confortent dans sa réflexion sur l’art et le motivent, lui donnent « du ressort » dans la poursuite de son travail, de ses recherches dont des étudiants des Beaux Arts et d’écoles d’arts plastiques viennent régulièrement s’entretenir avec lui. Ses rencontres avec de nombreux artistes peintres, de ses aînés, dont principalement celles avec Alferio Maugeri et Robert Pouliquen, l’ont poussé vers ce qu’il a toujours porté en lui, comme un défi aux aléas de la vie, aux hommes, à la société. Ils ont tous contribué à renforcer ses convictions et il leur rend hommage en prenant, d’une certaine manière, le relais dans cette course vers l’idéal, l’infini où il faut savoir accepter critiques comme éloges.
Patman se définit comme un travailleur acharné, passionné et ambitieux à l’autocritique véhémente et sans compromis. Il est à l’image du personnage qu’il a créé pour le logo de son atelier, et sa signature, moyen mnémotechnique, reflet de la fusion de ses patronymes mais aussi clin d’œil à la bande dessinée atteste de son sens de l’humour !

EPILOGUE

Après cette approche du mouvement, en reprenant la définition du Romantisme : « mouvement qui fait prévaloir le sentiment et l’imagination sur la raison et l’analyse critique », on peut s’interroger : le Fusionnisme n’en est-il pas l’expression contemporaine ? N’est-ce pas le résultat d’un phénomène de société où nombre d’entre nous, en quête de vérité, de plénitude, aspirent à une renaissance de la beauté, de l’authenticité et du mysticisme…

L’REV